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	<title>Comments on: Telemachus 0010</title>
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	<description>Online graphic adaptation of the 1922 edition of James Joyce&#039;s ULYSSES</description>
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		<title>By: Pascal Champavert</title>
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		<dc:creator>Pascal Champavert</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 May 2012 22:12:00 +0000</pubDate>
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		<description>Traduction française (french translation) :

Stephen vient de se plaindre de Haines et de son cauchemar. Mulligan change de sujet, pour revenir à sa pique sur l&#039;&quot;hellénisation&quot;.

Mulligan propose moqueusement que la &quot;nouvelle couleur artiste&quot; pour les poètes irlandais soit le vert-morve (NDT : &quot;vert pituite&quot; dans la traduction de 1929, allusion probable aux quatre humeurs décrites par Hippocrate). La couleur verte n&#039;est pas anodine pour les Irlandais, surtout en 1904, période à laquelle les Lois pénales (qui réprimèrent le catholicisme et les symboles de l&#039;identité irlandaise) sont encore présentes dans les mémoires. A cette époque, l&#039;identité irlandaise et son avenir sont mis à toutes les sauces. On voit émerger une &quot;école&quot; de spécialistes et d&#039;artistes revenant aux racines de la culture irlandaise pour fonder l&#039;Irlande future - et les gens de se remettre à apprendre le gaélique et à lire les anciens écrits poétiques irlandais. Mulligan se moque ouvertement de tout cela. A la place, il se tourne vers la Grèce antique, pensant peut-être à un nouvel âge classique irlandais. Mais cela n&#039;intéresse pas davantage Stephen. Je pense que, plutôt que de contempler l&#039;Histoire dans un rétroviseur, Stephen porte son regard vers la nouvelle capitale artistique, Paris.

Dans la deuxième vignette, Rob a dessiné Mulligan et Stephen dans une étrange posture. Stephen a l&#039;air surpris, interrompu au beau milieu d&#039;une phrase, tandis que Mulligan porte la main à l&#039;une des poches de Stephen. Plus exactement, il plonge &quot;la main dans la pochette de Stephen&quot;. Moment intéressant, où la bande dessinée nous permet d&#039;illustrer le langage corporel. Mulligan envahit, en s&#039;avançant ainsi, l&#039;espace vital de Stephen. &quot;Thalatta ! Thalatta !&quot; signifie - ça n&#039;a rien de surprenant - &quot;La mer ! La mer !&quot;. C&#039;est une citation de Xénophon. Je vous laisse chercher...

Un petit détail au sujet du texte : il y a une omission dans cette ébauche ; lorsque Mulligan dit : &quot;Consentez-moi le prêt de votre tire-jus pour essuyer mon rasoir&quot;, nous avons oublié le mot &quot;votre&quot;. Dans le manuscrit de Rosenbach, la première évocation de la mer par Mulligan, à cet instant, est de dire qu&#039;elle est &quot;notre &quot;grande&quot; et douce mère&quot;. C&#039;est bien ce qu&#039;on lit de la main même de Joyce, c&#039;est assez clair. Ces mots sont répétés quelques lignes plus loin. Mais dans sa correction pour la première édition, Joyce précisa qu&#039;il voulait que ce soit une &quot;grise et douce mère&quot;. La raison de cette subtile allusion à Athéna, déesse aux yeux gris, protectrice d&#039;Ulysse, demeure par ailleurs obscure.

Et en ce qui est des Grecs, &quot;Epi oinopa ponton&quot; signifie, d&#039;après Gifford, &quot;sur la mer sombre comme le vin&quot;, qualificatif fréquent dans l&#039;&quot;Odyssée&quot; (NDT : par ailleurs, on pensera au sang du Christ et à la parodie de messe de Mulligan). C&#039;est encore un de ces moments où je me demande si Joyce ne laisse pas un indice bien visible à ses lecteurs : &quot;Hé ! C&#039;est l&#039;&quot;Odyssée&quot; ! Important !&quot; Nous connaissons désormais l&#039;importance de l&#039;&quot;Odyssée&quot; pour ce roman, quatre-vingts ans après sa parution, mais ce genre d&#039;indices a dû être utile en son temps, pour les premiers lecteurs. </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Traduction française (french translation) :</p>
<p>Stephen vient de se plaindre de Haines et de son cauchemar. Mulligan change de sujet, pour revenir à sa pique sur l&#8217;&#8221;hellénisation&#8221;.</p>
<p>Mulligan propose moqueusement que la &#8220;nouvelle couleur artiste&#8221; pour les poètes irlandais soit le vert-morve (NDT : &#8220;vert pituite&#8221; dans la traduction de 1929, allusion probable aux quatre humeurs décrites par Hippocrate). La couleur verte n&#8217;est pas anodine pour les Irlandais, surtout en 1904, période à laquelle les Lois pénales (qui réprimèrent le catholicisme et les symboles de l&#8217;identité irlandaise) sont encore présentes dans les mémoires. A cette époque, l&#8217;identité irlandaise et son avenir sont mis à toutes les sauces. On voit émerger une &#8220;école&#8221; de spécialistes et d&#8217;artistes revenant aux racines de la culture irlandaise pour fonder l&#8217;Irlande future &#8211; et les gens de se remettre à apprendre le gaélique et à lire les anciens écrits poétiques irlandais. Mulligan se moque ouvertement de tout cela. A la place, il se tourne vers la Grèce antique, pensant peut-être à un nouvel âge classique irlandais. Mais cela n&#8217;intéresse pas davantage Stephen. Je pense que, plutôt que de contempler l&#8217;Histoire dans un rétroviseur, Stephen porte son regard vers la nouvelle capitale artistique, Paris.</p>
<p>Dans la deuxième vignette, Rob a dessiné Mulligan et Stephen dans une étrange posture. Stephen a l&#8217;air surpris, interrompu au beau milieu d&#8217;une phrase, tandis que Mulligan porte la main à l&#8217;une des poches de Stephen. Plus exactement, il plonge &#8220;la main dans la pochette de Stephen&#8221;. Moment intéressant, où la bande dessinée nous permet d&#8217;illustrer le langage corporel. Mulligan envahit, en s&#8217;avançant ainsi, l&#8217;espace vital de Stephen. &#8220;Thalatta ! Thalatta !&#8221; signifie &#8211; ça n&#8217;a rien de surprenant &#8211; &#8220;La mer ! La mer !&#8221;. C&#8217;est une citation de Xénophon. Je vous laisse chercher&#8230;</p>
<p>Un petit détail au sujet du texte : il y a une omission dans cette ébauche ; lorsque Mulligan dit : &#8220;Consentez-moi le prêt de votre tire-jus pour essuyer mon rasoir&#8221;, nous avons oublié le mot &#8220;votre&#8221;. Dans le manuscrit de Rosenbach, la première évocation de la mer par Mulligan, à cet instant, est de dire qu&#8217;elle est &#8220;notre &#8220;grande&#8221; et douce mère&#8221;. C&#8217;est bien ce qu&#8217;on lit de la main même de Joyce, c&#8217;est assez clair. Ces mots sont répétés quelques lignes plus loin. Mais dans sa correction pour la première édition, Joyce précisa qu&#8217;il voulait que ce soit une &#8220;grise et douce mère&#8221;. La raison de cette subtile allusion à Athéna, déesse aux yeux gris, protectrice d&#8217;Ulysse, demeure par ailleurs obscure.</p>
<p>Et en ce qui est des Grecs, &#8220;Epi oinopa ponton&#8221; signifie, d&#8217;après Gifford, &#8220;sur la mer sombre comme le vin&#8221;, qualificatif fréquent dans l&#8217;&#8221;Odyssée&#8221; (NDT : par ailleurs, on pensera au sang du Christ et à la parodie de messe de Mulligan). C&#8217;est encore un de ces moments où je me demande si Joyce ne laisse pas un indice bien visible à ses lecteurs : &#8220;Hé ! C&#8217;est l&#8217;&#8221;Odyssée&#8221; ! Important !&#8221; Nous connaissons désormais l&#8217;importance de l&#8217;&#8221;Odyssée&#8221; pour ce roman, quatre-vingts ans après sa parution, mais ce genre d&#8217;indices a dû être utile en son temps, pour les premiers lecteurs. </p>
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		<title>By: Ulysses &#34;Seen&#34; &#187; Blog Archive &#187; Telemachus 0009</title>
		<link>http://ulyssesseen.com/landing/2009/04/telemachus-10/comment-page-1/#comment-10097</link>
		<dc:creator>Ulysses &#34;Seen&#34; &#187; Blog Archive &#187; Telemachus 0009</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Mar 2012 15:16:16 +0000</pubDate>
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		<title>By: Ulysses Seen</title>
		<link>http://ulyssesseen.com/landing/2009/04/telemachus-10/comment-page-1/#comment-7559</link>
		<dc:creator>Ulysses Seen</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Apr 2011 11:12:28 +0000</pubDate>
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		<description>Lea:

Are you having that problem only with page 10, or with others, as well? Let us know, and we&#039;ll get right on it.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Lea:</p>
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